Les Intransigeants, qui n’ont pas choisi le nom de ce site pour rien, disent souvent des choses qui dérangent les occidentaux, y compris au sein de la mouvance nationale. Il n’est toutefois pas question de nous faire plaisir mais de dire la Vérité. Le but étant, comme aurait dit Mgr Lefèbvre, de transmettre aux lecteurs ce que nous avons reçus. Quand nous, petits laïcs, nous nous posons telle ou telle question sur tel ou tel sujet, il convient avant tout de nous référer à ce que dit le magistère traditionnel de l’Eglise. Pour cela, nous pouvons consulter le Catéchisme de Toujours ou, mieux, interroger un Prêtre sérieux.
La victoire de la bourgeoisie libérale sur la fille ainée de l’Eglise, immortalisée par Delacroix. On notera le torse complètement dénudé de la fausse idole Marianne avec son bonnet de schtroumpf … Cela veut tout dire : la gueuse est une prostituée !
Les sujets que nous allons traiter ici, à savoir les délicates questions du nationalisme et du conservatisme (des thèmes chers à ce qu’on appelle l’ “extrême-droite”), sont le résultat de séances de formations que nous avons reçu tout au long de notre parcours.
IMPORTANT : Il ne s’agit pas pour nous de faire dans le sectarisme : ce texte s’adresse PRINCIPALEMENT aux Catholiques. Nous comprenons tout à fait que les non-Catholiques tendront plus inévitablement vers une vision différente du monde et de la France et nous ne jetons de pierre à personne, bien au contraire. Il ne s’agit pas non plus de dégouter les lecteurs qui, tout comme nous, sont actifs ou ont été actif d’une façon ou d’une autre dans la mouvance nationale et/ou “conservatrice”. Il faut faire la part des choses. Nous développerons au contraire l’intérêt de ces mouvances au point 3 …
Une troisième chose, enfin, avant de passer au point 1 concernant la question du nationalisme : notre but n’est ABSOLUMENT PAS de remettre en question la nécessité naturelle des nations au sens étymologique, racial, ethnique et culturel du terme. La nation est quelque chose de sain et d’important dans le développement et l’équilibre de tout être humain. Un peuple qui perd toute conscience d’être “peuple”, qui se laisse mourir, est incontestablement le peuple le plus dégénéré qui soit ! C’est indiscutable. Les nations, de part leur essence et leurs héritages culturels variés, ont également l’avantage de protéger l’humanité contre la politique mondialiste et l’uniformisation voulue par l’Entité, cela est évident.
Dieu n’a pas voulu les nations par hasard (cfr la division des peuples suite à la construction blasphématoire de la tour de Babel) ! Cet article ne concerne donc pas cet état de fait qui va totalement de soi …
L’ensemble de ce billet est avant tout une invitation à la réflexion !
1 : Le problème du nationalisme
Je sens depuis des mois que je glisse du nationalisme au catholicisme. C’est que le nationalisme manque d’infini. (…) Je voudrais me donner à quelque chose de plus large et de plus prolongé, d’universel.
Maurice Barrès, Cahiers
Militant forcené dans la mouvance nationale depuis des années, convertis à la Sainte Religion Catholique plus récemment grâce à Dieu, je me suis reconnu de plus en plus dans cette célèbre citation de Barrès tout au long de mon aventure. A tel point que je ne veux plus que l’on me qualifie de “nationaliste” ou de “socialiste-national européen” ou que sais-je encore, et ce, même si je continuerais toujours à trouver de nombreux aspects de ce régime politique très sympathiques. Le national-isme tel qu’on nous le présente est, ni plus ni moins, une donnée politique moderniste parmi tant d’autres. Je m’explique.
Un ami d’un pays limitrophe (que certains lecteurs connaissent ici) m’a raconté durant une correspondance qu’il avait lu la biographie d’un grand personnage de l’Histoire française, le Général de Sonis par Mgr Baunard (1890). Nous en avons longuement discuté, c’était très intéressant. Je me suis donc également documenté de mon coté …
Le Général de Sonis était un grand Catholique, extrêmement impressionnant en terme de piété et de charité, une âme totalement vouée à Dieu. Il fut aussi l’un des meilleurs patriotes français qui fut, grand amoureux de la France, combattant acharné et infatigable … Quand le Général faisait Carême, il laissait les Arabes d’Algérie bouche bée : il ne mangeait qu’un seul petit repas par jours sous un soleil de plomb, et ce seul repas n’était pas très consistant. Il jeûnait régulièrement. Il se tuait presque, pour Dieu. Malgré son grade, il vivait très pauvrement, se passait de tout sauf de Dieu. Il se levait tous les jours très tôt pour assister à la Messe, il passait parfois des nuits blanches à prier dans une chappelle. Quand le Général faisait la guerre, il s’y engageait jusqu’au dernier iota de force … Même durement âgé et blessé, il continuait à lutter et à donner ses directives à ses troupes mitigées entre l’admiration et la compassion … Qui pouvait rivaliser avec lui sur le terrain de la Foi et du patriotisme ?
Tout le monde a peut-être déjà entendu parler de ce géant … Mais ce que mon ami m’a expliqué est très intéressant. Il a dégagé dans la biographie du Général un fil rouge qui n’était pas du tout donné volontairement (ni explicitement, ni implicitement). De la première à la dernière page du livre, certains passages démontrent qu’au fur et à mesure que le Général gagne des batailles et que la France prend du terrain, la religion Catholique en perd. Plus la France est défendue, plus l’Eglise est attaquée. Le Général s’étonne par exemple, après une bataille en Italie, que l’un de ses journaux français Catholiques préférés a disparu de la circulation. Plus loin, malgré son refus d’assister directement Napoléon III dans la traduction de l’Arabe qu’il avait appris en Algérie, il se dira un beau jour “bonapartiste” au moment où les communards deviendront menaçants. Plus loin encore, il finira par donner sa démission le jour où les couvents et les monastères se feront vider sous ordre de la République … avant de reprendre un peu plus tard du service une nouvelle fois, jusqu’à son dernier souffle, pour la France … etc …
Il s’agit d’un exemple typique d’un problème auxquel les Catholiques français ont été confrontés depuis l’avènement de la République : le nationalisme au sens français du terme, un concept politique moderniste apparu du fait de la Révolution. Le nationalisme, qui est donc à l’origine une invention de ‘gauche’, est la divinisation de l’idée de “nation” au sens d’un territoire et d’une “Culture”. La nation doit être le centre de tout, de nos vies et préoccupations. Dieu devient secondaire. Bien souvent, depuis la Troisième République, le nationalisme sert à rassembler les Français autour d’une “idée commune” afin de consolider le pouvoir. Et, comme nous l’a récemment rappelé un lecteur dans les commentaires du site, combien de frères ont donné leur sang pour une bête histoire de nationalisme, c’est à dire pour défendre ce même pouvoir ? Combien de frères sont morts pour avoir combattus d’autres frères de l’Empire Catholique austro-hongrois, alors que la France était et est toujours anti-chrétienne ? Quelle tristesse !

Les juifs intégristes et les franc-maçons au travail ...
La nation, c’est très bien, à partir du moment où elle contribue à rassembler des hommes de même origine et à les sanctifier. Le nationalisme indépendantiste de l’Irlande Catholique, face aux Royaumes-Unis protestants, peut être un bon exemple … Le nationalisme intégral de Maurras est encore relativement intéressant et nous change du nationalisme mou et vulgaire de nos élites actuelles (mais il pêche néanmoins considérablement par la germanophobie de l’auteur et surtout par son agnosticisme critique teinté paradoxalement d’une francolâtrie irrationnelle) …
Qu”est-ce qui doit primer dans notre vie ? Notre famille ? Notre pays ? Notre travail ? DIEU ! Dieu premier servi. Le reste ne constitue qu’un utile adjuvant et ne sert à rien si nous ne le faisons pas en Dieu ! Quelle doit être notre première “nation” ? L’Eglise Catholique universelle. Nous sommes des baptisés avant d’être des “Français”, des “Allemands” ou des “Mexicains” ! Nous sommes des baptisés avant de faire partie d’un clan familial, d’une race ou d’un club de sport ! Un Catholique est d’abord et avant tout un “nationaliste” romain ! Il défend la Sainte Religion et la Sainte Eglise instituée par Notre Seigneur Jésus-Christ !
La république française a été fondée contre Dieu et Sa Sainte Institution. Elle a été construite sur le sang des Catholiques. Si nous devons un jour mener une guerre “pour la France”, cela ne peut qu’être ni plus ni moins qu’une guerre civile contre la Gueuse ! Pas une seule goûte de sang du peuple français ne mérite de couler pour elle ! Entre Dieu et la “France”, le Catholique doit toujours choisir Dieu ! Si la “France” aime Dieu, le Catholique la soutiendra. Si la “France” (c’est à dire le pouvoir en place) haït et rejette Dieu, le Catholique sera en guerre contre elle ! Si un pays qui défend les intérêts des Catholiques nous envahit, le Catholique n’aura pas de meilleur choix que de collaborer ! Cela ne devrait même pas être discuté ! RECONQUISTA ! Ce pays est A NOUS CATHOLIQUES, nous ne devons plus le laisser aux mains des minorités mais au contraire le REPRENDRE de Brest à Marseille !
Bien sûr, il va de soi que toute guerre ne se gagne pas nécessairement par la violence mais également avec nos armes spirituelles (prière, évangélisation, …), démographiques (ventre de nos femmes, et oui !), informatives, politico-stratégiques, … etc …
Catholiques de tous les pays, unissez-vous !

2 : Le problème du conservatisme
Le conservatisme, encore un joli piège dans lequel un bon nombre de frères et sœurs sont tombés. Si ce concept s’est révélé par “réaction” (terme dûment choisi) à la Révolution Française (on y reviendra), on peut remonter son origine à la Renaissance, période qui marque la Fin de l’Âge d’Or de la Chrétienté.
2.1 : Le “conservatisme” né de la Renaissance
La Renaissance, qui commença à replacer l’homme au centre du monde à la place de Dieu, pose aussi problème pour son coté “conservateur” dans le sens “passéiste” du terme. En effet, elle s’est mise à diviniser le passé, en remettant trop en avant nos origines païennes et Antiques … S’il est bon de savoir d’où on vient, il est mieux de savoir d’où on vient POUR savoir où on veut aller. La Renaissance, bien que toujours Chrétienne, a voulu se conforter dans le Passé, faire passer les périodes sub-chrétiennes comme quelque chose de nécessairement “génial” et donc de “bien”. Le Passé devint une sorte d’Idole. On en vint à construire autant de bibliothèques que d’églises, c’est tout dire. On fait de l’Histoire, tout comme l’Homme, quelque chose d’absolu avec des grands “H”. On retrouve là cette sacralisation de la culture propre au nationalisme républicain. Or, à l’Âge médiéval, les Chrétiens s’intéressaient avant tout au présent et au futur. Ils se tournaient uniquement vers Dieu en se préparant à la Fin, à leur Fin et à la Fin de leur prochain : à la sanctification. Qu’est-ce qu’il y a de plus important à faire dans la vie ? Plus de 1000 ans de réelle Chrétienté, ce n’est pas rien. Voila le secret de la longévité d’un peuple : se vouer corps et âme au Ciel ! Tout était fait pour le Ciel ! Tous se tournaient vers l’Espérance, plus que jamais mise de coté dans notre société ! Le reste était secondaire !

Magnifique statue de l’idole Jupiter. Très belle, magistrale. Cela fait partie de notre passé, notre héritage commun, et personne ne doit le renier. Mais est-ce une raison pour la rediviniser ?
2.2 : Le conservatisme né de la Révolution
Le conservatisme, sous forme de philosophie politique, est un courant de pensée qui s’oppose au progressisme. Il s’agit d’une tentative de préserver certaines valeurs considérées comme “établies”, de défendre celles-ci.
Le conservatisme est une réaction, non pas une série d’idées fondées sur le principe de la Tradition. C’est un concept qui ne fait que réagir de génération en génération selon les vents du changement et des circonstances. Un conservateur veut par définition conserver dans la société ce qu’il connaît et ce qu’il a été conditionné à accepter comme étant “normal”. Comme chaque génération passe et que la société devient plus à “gauche” ou à “droite”, selon les circonstances, la prochaine génération de conservateurs sera d’autant plus à gauche ou à droite selon la tendance. Le conservatisme est donc une donnée typiquement dialectique ayant pour but implicite, encore une fois, de consolider l’emprise du pouvoir !
Le conservateur n’a donc pas de projet politique, il passe son temps à réagir aux nouveautés politiques. Encore une fois, son regard n’est pas tourné vers l’avenir et l’Espérance mais vers le passé de sa naissance suivant son contexte existentiel, contrairement à ses adversaires qui ont des projets de sociétés concrets (communistes, anarcho-capitalistes, alter-mondialistes ou mondialistes tout court …). C’est à dire que lorsqu’un conservateur recule d’un pas, son ennemi en avancera de deux (comme dirait Lénine). C’est comme cela qu’ils se font tous duper …
Pour illustrer le propos, cela explique que de nombreux blogs “conservateurs” ou “néoréacs” (comme ils aiment s’appeler) ne remettent plus en question la “démocratie” ou la récente “liberté” de la femme à mettre des mini-jupes et à travailler plutôt qu’être mère au foyer, puisque de nos jours tous ces “aquis” sont considérés par les occidentaux comme tout à fait “normaux”. Certains publient même des photos dégoutantes de femmes dénudées sur leur blog (ne les critiquez pas, sinon ils vous traiteront d’intégriste voire – pire – de Talibans ou de “chrétiens à babouches” !). Ils se plaignent de l’avortement et du mariage homosexuel, oui (et encore, de moins en moins, il n’y a pratiquement plus que les plus chrétiens d’entre eux qui le font), parce qu’il y a encore des voix qui s’élèvent. Et si dans quinze ans ces horreurs deviennent totalement normalisées dans la société, ils n’en parleront probablement plus. A la place, ils se contenteront de dire “non” au clonage de l’être-humain ou “non” à l’adoption de bébés pour les couples pédophiles. Mais pas de projet de société en réponse à cette dégénérescence, rien. On conserve le monde de notre naissance, on ne veut ni qu’il “régresse” ni qu’il “évolue”, c’est tout.
La Tradition, ce n’est pas du conservatisme. La Tradition, ce n’est pas “conserver” notre époque ou “revenir en arrière”, c’est revenir à la source de Vérité. C’est une mémoire et en même temps un projet de société. Le Règne Social de Notre Seigneur Jésus-Christ, c’est un projet de société. Faire tomber la démocratie pour retourner à un pouvoir de droit divin, c’est un projet de société. La reconquête de la Chrétienté sur toute l’Europe, c’est un projet de société (en l’occurrence, le nôtre). Dans la Sainte Religion du Catholicisme, la Tradition est la révélation continue, par le Saint-Esprit, de la Parole de Dieu à son Église. Le projet d’un Catholique, c’est de faire en sorte qu’elle atteigne la conscience collective, peu importe les modes et les temps : la Vérité est éternelle.

3 : Faut-il s’investir dans les structures “nationales” et “conservatrices” ?
“Par tous les moyens, même légaux” ! La vie, en France, est actuellement une affaire de compromission. Il faut savoir, dans des situations difficiles comme nous en connaissons aujourd’hui, avancer avec des compagnons de route sans jamais mettre une once de la Vérité en poche. Certaines structures peuvent nous apporter beaucoup mais peuvent aussi nous égarer, il incombe donc d’avoir une formation solide. La première des formations, c’est avant tout l’Homélie d’un Prêtre de la Tradition tous les Dimanche. Il ne faut pas non plus lésiner sur l’évangélisation des âmes païennes qui intègrent tous ces milieux.
L’utilité de structures nationales que de nombreux Catholiques traditionnels fréquentent, telles que le Front National, le Renouveau Français, l’Action Française , Egalité et Reconciliation, etc (désolé pour toutes les dizaines de structures que nous n’avons pas cité) … est leur capacité à être plus ou moins parasitaires et nuisibles dans le système. Le Front National peut, s’il survit et ne se systémise pas avec Marine Le Pen (l’affaire Mittérand n’a pas calmé notre appréhension), faire un jour sauter le verrou et déstabiliser toutes les institutions. Il peut semer un boxon inimaginable et ce ne sont pas des petits bourgeois de la LCR qui pourraient rivaliser. Il faut briser un maximum de colonnes sur lesquelles reposent la République pour la faire crouler. Nous devons faire comme les sionistes : nous investir dans un maximum de secteurs stratégiques afin de reprendre le pouvoir, afin que Dieu et les Français puissent retrouver leur place dans la société. Nos ennemis, tous nos ennemis, ont beaucoup de leçons à nous donner dans cette guerre sainte !
Tous les jours, le Chrétien fait cette prière anti-libérale pour l’avènement du Règne social de Notre Seigneur Jésus-Christ : Que Votre Règne vienne, sur la Terre comme au Ciel. Fiat !
Nous sommes en guerre ! Cessons de nous faire manipuler comme c’est le cas depuis 200 ans et reprenons notre destin en main !
KYRIE ELEISON