La prochaine adaptation de Tintin progresse au cinéma. De nouvelles informations ont été enfin révélées. Spielberg et Peter Jackson, deux réalisateurs doués et ambitieux (il faut le dire), ont décidé de commencer en Septembre le premier épisode  d’une saga qui s’annonce comme une trilogie, soit dans quelques semaines. Il se pourrait qu’il s’agisse de l’adaption de l’épisode “Le crabe au pinces d’or“, aventure où notre reporter préféré de la bande dessinée rencontre le Capitaine Haddock. D’autres rumeurs affirment qu’il pourrait s’agir de “Vol 714 pour Sidney“, ou peut-être un mix des deux épisodes. En tous cas, nul besoin de préciser que le budget sera là.

Ces adaptations de trois albums de Tintin mêleront prises de vues réelles et captures de mouvements.

Tout ce qu’on espère de ce juif fondamentaliste de Spielberg, c’est qu’il restera fidèle à l’esprit de la bande dessinée et qu’il ne salira pas le personnage. Pas de leçons droitsdel’hommesques, pas d’antifascisme maladif, pas de sexe ni d’allusions éventuelles à l’homosexualité par pitié ! On connait malheureusement le gaillard …

Tintin est un personnage bien trop précieux de la bande-dessinée européenne que pour être manipulé par les griffes acérées de certains intégristes … Spielberg est une bonne référence sur le plan technique du mode de réalisation, mais pas des meilleures sur le plan moral et politique. Espérons qu’il ne dénaturera pas notre intrépide reporter …

Mais pourquoi en faire tout en plat sur le site des intransigeants ? La réponse est simple, elle se trouve dans le livre “Tintin mon copain” de Léon Degrelle, le combattant belge spirituellement catholique et politiquement révolutionnaire. Hergé, auteur de Tintin et ancien collaborateur durant l’ “occupation” via le journal Le soir de l’époque, fut un grand ami de Léon Degrelle. Ils se rencontrèrent tous les deux dans le cadre de la rédaction du journal Le vingtième siècle dans les années 20, un journal catholique considéré comme “très à droite”. Hergé collaborera d’ailleurs à toute une série d’initiatives politiques proposées par Léon Degrelle (couvertures de brochures, affiches, caricatures …).

L’amitié entre le dessinateur et Degrelle alla très loin … Au point que, d’après ce que nous rapporte Degrelle et même des antifascistes, les personnages de Tintin et Milou auraient des origines bien curieuses …

D’abord Milou. Voici ce que Degrelle rapporte dans son livre (interdit à la vente) :

En fait, j’ai presque peur de le révéler. Georges [Hergé] et moi avions déniché, absolument par hasard, sur une vieille photo datant des tranchées de la Première Guerre Mondiale, un gentil quadrupède à l’allure pré-milounesque. Hergé, qui cherchait pour ses B.D. un petit chien ou l’autre parmi des millions d’autres chiens blancs et futés, fut frappé par cette image imprévue. Le petit chien blanc de la photo dressait son nez fureteur aux pieds de quelques soldats allemands, plutôt dépenaillés. C’est à cause d’un de ces soldats que ladite photo avait été publiée, dix ans après, par l’hebdomadaire que nous feuilletions.

Quel soldat me direz-vous ?

J’ose à peine vous répondre car vous allez faire explosion ! Je me contenterai de vous dire que le nom du soldat commençait par un H… Adolf H., si vous insistez trop ! Regardez la vieille photo, vous comprendrez vite.

Le brave Hergé, questionné à ce sujet après 1945, se contentait de répondre évasivement: “Milou? Je ne me souviens vraiment plus d’où il est sorti.” C’était plus sage !

La bande dessinée européenne est née au Mexique, grâce à Léon Degrelle, à l’époque journaliste. Il était venu rejoindre, non sans difficultés, les guerriers catholiques “Los Cristeros” dans leur combat contre le gouvernement communiste. Dans son Monde d’Hergé, Benoit Peeters révèle ceci : “Par l’intermédiaire de journaux mexicains envoyés à Bruxelles par un correspondant du ‘Vingtième Siècle”, Hergé vient de prendre connaissance de la bande dessinée américaine (…). La série qu’on va lancer ne sera plus un simple texte mis en images; il s’agira cette fois d’une véritable bande dessinée où les deux éléments viendront se fondre l’un dans l’autre.”

Hergé aura lui-même le courage de déclarer ceci dans une interview accordée à la Libre Belgique du 30 décembre 1975, malgré les haines de l’après-guerre : “J’ai découvert la bande dessinée grâce à… Léon Degrelle ! Celui-ci, en effet, était parti comme journaliste au Mexique et il envoyait au “Vingtième Siècle”, non seulement des chroniques personnelles, mais aussi des journaux locaux (pour situer l’atmosphère) dans lesquels paraissaient des bandes dessinées américaines. J’ai découvert ainsi mes premiers comics“.

Mais attendez le meilleur …

Degrelle, qui n’avait pas beaucoup de moyens, avait économisé un beau jour pour s’offrir un vêtement orginal : une culotte de golf ! Il raconte que quand il se présenta à Hergé, ce dernier fut “éblouis par un tel luxe”. Pour les scouts qu’ils étaient, c’était pour eux “le symbole de l’intrépidité”. Degrelle se mit alors à dessiner un petit personnage avec une culotte de golf. Dans son livre, Degrelle déclare que “J’étais, dans notre petit cercle amical, le seul modèle à sa portée: ou bien arpentant dans ma culotte de golf les routes ardennaises, un peu plus tard, portant ma fillette Chantal dans mes bras à Bruxelles.”

Autre caractéristique incontournable de Tintin : La houpette enroulée en arrière. Où Hergé est-il donc allé chercher une telle originalité ? Observez ces deux images prisent en 1927 et 1928 … Observez aussi la bouille toute ronde, imbarbe et juvénile de Degrelle à l’époque, ça en dit long.

En dehors de l’aspect physique et de la profession (journaliste), Degrelle incarnait aussi les ambitions aventureuses du personnage : “Je vivrais, je lutterais, je risquerais ma peau pour conquérir le coeur et l’esprit de mon peuple, pour en faire une double communauté ordonnée, pour forger ensuite, dans les grands combats contre le bolchévisme, une Europe unie, capable de faire face à la poussée puissante des grandes unités hypercapitalistes qui surgissaient en force à travers l’univers – de Tokyo à New York – et qui feraient le XXIème siècle.

Si le Degrelle en chair et en os n’aura pas atteint tous les coeurs du fait qu’il a perdu la guerre, il aura au moins atteint les coeurs au travers du personnage de Tintin. Le souvenir du plus grand héros belge de l’Histoire du 20ème siècle perdure ainsi dans les B.D., les dessins-animés, les cartables, les plumiers, les t-shirts, les porte-feuilles, les figurines, les sculptures en bois, les fêtes, les émissions, le cinéma … Merci Hergé.

Autre chose : Le talentueux artiste Goldofaf a fait une très belle chanson sur Leon Degrelle, probablement sa meilleure. Nous attendons un éventuel clip avec impatience.